À l'international
La première conférence des Nations Unies sur l'environnement permet l'adoption, en 1972, de la Déclaration de Stockholm qui amorce le dialogue international sur les questions environnementales. Au fil des années, la communauté internationale s'est dotée de moyens concrets d'une part afin de comprendre la réalité des changements climatiques et d'autre part, afin de s'adapter et de lutter contre ces changements. Institué en 1988, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de l'ONU, se voit attribuer le mandat de faire la lumière sur la réalité des changements climatiques et de renforcer l'argumentaire des décideurs. Ainsi, le GIEC convient de l'impact positif que peuvent démontrer tant le secteur forestier que celui des produits du bois, dans le domaine de l'atténuation des changements climatiques.
Sommet de Copenhague (décembre 2009)
Le mécanisme clé, permettant d'élargir le consensus et de négocier les accords internationaux en vue d'atténuer les effets du changement climatique, est la Conférence des parties (CDP) relevant de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), une assemblée annuelle des scientifiques du GIEC et des représentants des États faisant partie de la convention. Le Sommet de Copenhague a été tenu dans la foulée des Conférences des parties (CDP 15 ou COP 15 en anglais) - la Conférence des parties étant l'instance suprême de la Convention - précédentes et représentait une étape cruciale pour ce qu'il a été convenu de nommer l'ère post-Kyoto. Ce sommet représentait la 15e Conférence des parties.
Il faut comprendre qu'il y a deux voies dans le cadre des rencontres sur le climat :
- La Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques de Rio fut la première tentative, en 1992, de cerner les grands enjeux du climat (incluant l'ozone, la biodiversité, la déforestation, etc.). Elle ne contient aucun objectif juridiquement contraignant. Les COP se réunissent annuellement, analysent les avancées de la Convention et cherchent à s'entendre sur des cadres formels pour atteindre les objectifs de lutte contre les changements climatiques.
- Le Protocole de Kyoto, signé lors de COP 3, représente le premier cadre juridiquement contraignant sur le climat. Chacune des COP permet en quelque sorte d'avancer les négociations d'ententes qui permettent de peaufiner le Protocole. Lorsque certains points ont l'assentiment consensuel des parties, ils peuvent éventuellement être ajoutés au cadre plus contraignant de Kyoto. Il faut savoir par contre que le Protocole devrait mourir de sa belle mort en 2012. Mais les difficultés d'en arriver à une entente à Copenhague amènent plusieurs pays à souhaiter un report de cette date où des amendements en feraient une sorte de Kyoto 2.
Le troisième jour des Forêts
Lors d'un événement parallèle au Sommet de Copenhague s'est tenu le troisième jour des forêts (Third Annual Forest Day). Il s'agit d'un forum exceptionnel où se sont réunis les scientifiques les plus rigoureux spécialisés sur les enjeux du matériau bois et de la forêt. Leur conclusion est sans équivoque : utiliser du bois est une façon concrète et efficace de lutter contre les changements climatiques.
Deux grands programmes structurants étaient à l'étude : REDD plus (Reducing Emissions from Deforestation and Degradation) et LULUCF (Land Use and Land Use Change and Forestry). Voici en résumé l'essentiel des travaux des scientifiques :
- Pour limiter à un maximum de deux degrés la hausse de la température planétaire, la seule réduction d'émissions de combustibles fossiles ne suffira pas. Il faut miser plus que jamais sur l'augmentation des puits de carbone.
- La foresterie, qui a perdu de l'importance au cours des quarante dernières années, est aujourd'hui reconnue par la communauté scientifique comme étant la source la plus abordable de réduction des GES.
- La capacité des produits du bois (Harvested Wood Products) à séquestrer du carbone fait également consensus parmi les scientifiques présents.
Conséquemment, pour les scientifiques, la forêt peut à elle seule combler 30 % des besoins de réductions mondiales de gaz à effet de serre si les principes suivants sont respectés :
- Arrêt de la déforestation (i.e. changement de vocation du territoire comme le développement urbain ou la création de terres agricoles), surtout dans les pays tropicaux.
- Augmentation de l'afforestation (créer de nouvelles forêts sur des terres non forestières en friche, par exemple).
- Maximisation des services à la société que peuvent rendre les produits du bois et la biomasse forestière (i.e. augmentation de l'utilisation des produits du bois et de la substitution des combustibles fossiles), à condition que ceux-ci proviennent de forêts aménagées selon les principes de développement durable, en équilibre avec des zones de conservation permettant le maintien de la biodiversité.
Pour en savoir plus sur les négociations de Copenhague et sur les aspects politiques au niveau international, veuillez consulter les sites suivants :
- Site de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques
- Site des Nations-Unies
- Site du « Forest day »
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