Plus près de chez nous
Le gouvernement du Canada fournit plusieurs sources d'information sur les changements climatiques. L'information est disponible sur le site www.changementsclimatiques.gc.ca ou sur le site d'Environnement Canada au www.ec.gc.ca.
Sur la scène provinciale, le gouvernement du Québec exprime clairement sa volonté de lutter contre les changements climatiques et de limiter les émissions de CO2 par une utilisation accrue du matériau bois. Cette orientation se reflète tant sur le plan de la construction non résidentielle que dans le registre de l'énergie.
Concrètement, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (MRNF), le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec (MDDEP) et l'Agence de l'efficacité énergétique (AEE) soutiennent le matériau bois, par des stratégies, mesures et programmes.
Les orientations gouvernementales sont notamment exprimées dans le Plan d'action 2006 - 2012 du gouvernement du Québec pour les changements climatiques. Ce plan est disponible sur le site du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec.
Le Plan a comme objectifs de mettre en œuvre une série d'actions en lien avec l'enjeu des changements climatiques au Québec visant :
- « la réduction ou d'évitement des émissions de GES dans les secteurs de l'énergie, des transports, des matières résiduelles, de l'agriculture et des activités gouvernementales;
- la sensibilisation du public et des entreprises à la problématique des changements climatiques;
- le développement de la recherche et de l'innovation technologique visant la réduction et la séquestration des émissions de GES;
- l'adaptation aux impacts des changements climatiques ».
En complément, consultez : http://www.mddep.gouv.qc.ca/Air/inter.htm
Le MRNF contribue lui aussi au débat et propose des moyens d'action afin d'atténuer les changements climatiques. Mentionnons d'abord la reconnaissance du bois à titre de matériau écologique, permettant de stocker le carbone atmosphérique et de soutenir l'économie québécoise. Par ailleurs, le gouvernement reconnaît le potentiel énergétique du bois, et ce, à titre d'énergie en substitution des combustibles fossiles.
Le Québec s'engage
Concrètement, avec la Stratégie d'utilisation du bois dans la construction non résidentielle, le MRNF entend tripler l'utilisation du bois dans les constructions non résidentielles d'ici 2014. De plus, le Plan d'action : vers la valorisation de la biomasse forestière, incite à une utilisation accrue de la biomasse, donc du bois, dans une perspective de production d'énergie.
« Il n'y a pas de raison de ne pas utiliser le bois en construction. À Londres, par exemple, on a érigé le Murray Grove, un bâtiment de neuf étages, dont huit sont en bois à 100 %. Un magnifique bâtiment à très faible trace environnementale. »
Robert Beauregard, doyen, Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l'Université Laval.
Le bois est largement utilisé dans la construction résidentielle au Québec. Mais il est largement sous-utilisé en construction non résidentielle. Selon l'usage du bâtiment, le nombre d'étages, la superficie et la protection contre les incendies requis, le Code national du bâtiment (CNB) permet pourtant de nombreuses utilisations du bois dans la structure des bâtiments commerciaux, industriels et institutionnels. Mais à l'heure actuelle, ces constructions non résidentielles sont le plus souvent en acier ou en béton.
« Un jour, quelqu'un va devoir m'expliquer pourquoi il faut construire un Tim Hortons en acier. »
Hervé Deschesnes, vice-président de l'Est du groupe FPInnovations.
Cité dans Perspectives CSN, octobre 2009, page 18. David Patry-Cloutier.
Au Québec, la proportion de bâtiments non résidentiels dont la charpente contient principalement du bois n'est que de 15 %. Pourtant, on estime que plus de 80 % des bâtiments non résidentiels mis en chantier chaque année pourraient être conçus avec une charpente en bois en conformité avec le CNB.
FondAction
Le bâtiment administratif du FondAction de la CSN, inauguré le 11 mai 2010, compte six étages et sa charpente et ses planchers sont de bois. C'est le plus haut bâtiment de ce type en Amérique du Nord. Le Code national du bâtiment prescrivait une limite de quatre étages pour ce type de construction. Mais, à la demande des ingénieurs et architectes, les autorisations de construction ont quand même été délivrées, car il a été démontré que le bâtiment assure la même sécurité qu'un autre semblable en béton ou en acier.
Le FondAction, comme on l'appelle, servira d'exemple pour tous les bâtisseurs, mais aussi de laboratoire d'étude pour améliorer le savoir-faire et l'expertise québécoise en bâtiments de bois. Les murs et les charpentes sont truffés de capteurs et de senseurs qui fournissent de nombreuses informations sur le comportement du bâtiment. Vibrations, réaction aux vents et aux séismes, répartition de la chaleur et transmission du son... Tout ce qu'il faut pour faire encore mieux la prochaine fois !
Dans la foulée des travaux réalisés lors du Sommet sur l'avenir du secteur forestier québécois, tenu en décembre 2007, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a innové en adoptant sa Stratégie d'utilisation du bois dans la construction au Québec15.
Cette stratégie vise à augmenter la consommation de bois au Québec, en particulier dans les édifices publics, dans les autres constructions non résidentielles et dans l'habitation multifamiliale. L'objectif poursuivi est la consommation d'ici 2014 d'un plus grand volume de bois, soit l'équivalent de la production de deux scieries de taille importante. On réduira ainsi de près de 600 000 tonnes les émissions de gaz à effet de serre, ce qui correspond aux émissions annuelles de GES de près de 50 000 Québécois.
Objectifs québécois de substitution de matériaux émetteurs de CO2 par le bois d'ici 2014
| m3 | tonnes CO2 | |
| Non résidentiel |
484 000 | 340 000 |
| Multifamiliale | 174 700 | 122 000 |
| Apparence | 188 900 | 131 000 |
| TOTAL | 847 600 | 593 00 |
Source : MRNF
Cette stratégie vise à profiter de la position avantageuse du Québec dans les produits à forte valeur ajoutée (deuxième et troisième transformation du bois). En effet, le Québec occupe une place envieuse pour ce type de produits au Canada. Plus de 6 100 emplois ont été créés au Québec au cours des dix dernières années dans le secteur de la valeur ajoutée, de sorte qu'en 2007, il représentait 50 % des emplois de l'industrie de la fabrication de produits en bois comparativement à 40 % en 1996. Sans oublier qu'utiliser le bois davantage au Québec nous rendra moins vulnérables aux fluctuations des marchés externes...
La stratégie s'inscrit aussi dans la foulée de l'importance que prennent les considérations environnementales au Québec et ailleurs dans le monde. La demande en produits écologiques de la part des consommateurs et le souci des États de préserver l'environnement sont des déterminants majeurs. C'est ainsi que plusieurs États, comme le Québec, se sont dotés d'une telle stratégie d'utilisation des produits du bois. Une telle stratégie constitue une composante importante de leur lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.
Pour en savoir plus, veuillez consulter les sites suivants :
- http://www.mrnf.gouv.qc.ca/energie/climatiques/index.jsp
- http://www.mrnf.gouv.qc.ca/forets/entreprises/entreprises-transformation-strategie-bois.jsp
- http://www.mrnf.gouv.qc.ca/publications/forets/entreprises/strategie-developpement.pdf
Finalement, soulignons le Programme de réduction de consommation de mazout lourd et le Programme d'aide à l'utilisation de la biomasse forestière résiduelle pour le chauffage de l'Agence de l'efficacité énergétique qui incitent notamment les consommateurs de combustibles fossiles à faire une plus grande place au bois pour la production d'énergie. L'information est disponible sur le site de l'Agence : www.aee.gouv.qc.ca
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