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Combien de tonnes de dioxide de carbone sont emprisonnées dans une maison unifamiliale de 2 400 pieds carrés ?
  • 5 tonnes
  • 11 tonnes
  • 21 tonnes
  • 29 tonnes

Le camp des profs

 

Semaine 23 août 2010

 

Ils sont profs au primaire surtout, ils viennent de tous les coins de l’Abitibi-Témiscamingue, deux ont même fait le voyage de Sudbury. Une majorité de femmes, 18 sur 24, mais tous ont grugé dans leurs vacances d’été pour aller passer quatre jours dans le bois avec les mouches, les bûcherons et les chercheurs !

 

Pour la septième année, le camp des profs (c’est son nom!) initie une cohorte d’éducateurs à la forêt. Tout y passe, de Forêt 101, présenté par la directrice de l’Association forestière de l’Abitibi-Témiscamingue (AFAT), Dominique Beaudoin, à l’apprentissage des espèces, la connaissance du sol et du sous-sol forestier, la manipulation de la tronçonneuse, la visite d’une scierie et j’en oublie ! La totale quoi. Il y a même une soirée de speed dating où une dizaine d’organismes rencontrent par deux des profs et ont dix minutes pour présenter leur travail. Disons qu’à la fin de ces longues journées, y’en a qui se couchent tôt.

 

Ce camp fait des petits, on en tient maintenant un dans la région de Québec, et d’autres régions s’y intéressent. Venu des États-Unis, ce type de formation a le grand mérite de démystifier la forêt, de mettre en lumière toutes les énormités qui se disent sur cet important secteur de notre vie économique et sociale.

 

On y apprend qu’une coupe, c’est une coupe…pas de la déforestation. Qu’un cadre législatif de plus en plus sévère réglemente nos interventions, que l’industrie de la transformation se modernise rapidement et qu’un boyau d’arrosage de pompier forestier, ça pousse fort quand le jet est à fond ! On plante des arbres tout en découvrant que la terre est bien basse, ma foi !

 

J’y ai vu des profs heureux comme des enfants qui entrent dans un magasin de jouets, enthousiastes devant tant de découvertes. N’oublions pas que ces volontaires du bois vont retourner dans leurs classes, partager leur expérience avec d’autres enseignants… bref, transmettre leur apprentissage.

 

La Coalition appuie avec enthousiasme ces initiatives qui contribuent à répandre le savoir, j’allais dire, le nouveau savoir sur la forêt. L’AFAT assume pleinement son rôle de chef de file dans la filière bois. En responsabilisant les éducateurs, elle s’assure d’obtenir un effet multiplicateur de qualité.

   

Les Vikings et la Coalition BOIS Québec

 

Semaine du 5 juillet 2010

 

Nous savons maintenant avec certitude que les Vikings de Lief Ériksson ont tenu campement à l’Anse aux Meadows, à l’extrême pointe nord de la côte ouest de Terre-Neuve, il y a mille ans. Ce site, découvert il y a seulement une cinquantaine d’années, est le seul témoin de leur bref passage en Amérique. Plus nomades que conquérants, les Vikings n’ont jamais eu d’empire et n’aspiraient pas à la conquête de terres pour étendre leur territoire.

 

Il est maintenant acquis, les fameuses sagas en rendent compte, que c’étaient les ressources naturelles qui les intéressaient. Dans leur cas, le bien le plus recherché était… le bois ! Il n’y a pas des masses de forêts en Islande ni au Groenland, il faut bien l’admettre.

 

Lors d’une récente visite à Terre-Neuve, j’ai été renversé d’apprendre que les Vikings remplissaient leurs bateaux, parfois assez grands pour être dotés d’équipages de cent marins, de billes de bois. On trouvait plusieurs espèces de bois de la qualité qu’ils recherchaient dans cette zone assez hostile qu’est la région de l’Anse aux Meadows. Ils utilisaient le bois pour chauffer, construire leurs maisons et, surtout, leurs navires.

 

Le campement quant à lui était constitué d’abris faits en briques de tourbe semi-enfouies. Dotés de murs pouvant atteindre un mètre d’épaisseur, et recouvert de végétation sur des charpentes en bois, leurs bâtiments devaient résister aux vents des hivers difficiles de cette zone qui avait au préalable été occupée pendant quatre mille ans par les Paléoesquimaux et les peuples de l’époque du Dorset. Jacques Cartier, découvreur du Canada, vous dites ?

 

Le bois occupe encore à ce jour une place de choix sur la côte ouest de Terre-Neuve en particulier et sur le reste de l’île en général. Les bâtiments sont tout bois, y compris les lambris extérieurs teints de couleurs vives. Le chauffage au bois semble être le choix de préférence des maisonnées et une part importante des petits bateaux de pêche est également construite en bois, sans parler des cages à homard ! Bref, le bois demeure au cœur de la culture terre-neuvienne, comme quoi les Vikings n’étaient que des précurseurs d’une utilisation du bois sur ce que l’on nomme encore à ce jour : The Rock. Un caillou, peut-être, mais Terre-Neuve a une histoire riche et une véritable culture ancienne du bois.

   

Vous êtes nombreux


Semaine du 27 mai 2010

 

Si vous habitez Petit Saguenay, East Angus, Roberval ou Rouyn-Noranda, vous faites partie de la grande famille de la Coalition. Au dernier compte, nous approchons les 150 municipalités membres, sans compter l’adhésion de l’Union des municipalités du Québec et celle de la Fédération québécoise des municipalités. Bref, l’engagement des villes et des municipalités envers le bois se concrétise à la vitesse grand V !

 

Ce que cela signifie ? Le bois fait de plus en plus partie de l’inconscient collectif. Nos élus s’engagent à penser bois pour la prochaine bibliothèque, le garage municipal ou, encore, ce nouveau parc que l’on prévoit aménager. De plus, on optera pour du bois d’origine locale ou du moins régionale pour ces investissements. On mise sur le savoir faire et la main-d’œuvre qui sont les nôtres. Certaines municipalités, comme Amos en Abitibi, ont déjà mis en place des organismes regroupant élus, gens d’affaires et promoteurs intéressés afin de passer le plus rapidement à l’action.

 

L’organisme frère de la Coalition, le centre d'expertise sur la construction commerciale en bois (cecobois, www.cecobois.com) apporte le soutien technique et réglementaire à ceux qui en expriment le besoin. Aussi, cecobois donne des formations aux architectes et ingénieurs, entre autres, avec du concret et du solide.

 

En somme, le Québec retrouve graduellement sa culture du bois. Mais la sauce est résolument moderne, novatrice et porteuse d’une nouvelle vision économique et technique du matériau bois. La Coalition, pour sa part, continue son travail de sensibilisation auprès des élus et des entreprises.

 

Nous sommes présents en régions et de plus en plus sollicités pour intervenir auprès des MRC, des chambres de commerce ou, encore, des associations forestières de tout genre. Récemment, nous avons apporté le message de notre approche à Washington et l’Italie sera en visite en juillet. En effet, il est probable qu’une campagne similaire à la nôtre soit mise en place dans la province du Trento, région autonome du nord de l’Italie.

 

Attention : « Je touche du bois ! » est contagieux !

   

Armistice vert !

 

Semaine du 17 mai 2010

 

« En clair, les pratiques d’AbitibiBowater et de Domtar en plein habitat essentiel du caribou vont à l’encontre de la science la plus récente et illustrent clairement le manque de rigueur de ces entreprises. »

 

On pouvait lire ces propos dans un document de Greenpeace de novembre 2009 sur les pratiques de ces géants de l’industrie forestière au Québec. Pourtant, cette semaine, ces ennemis jurés ont enterré la hache de guerre, au dire même de Mélissa Filion, directrice par intérim de Greenpeace Québec.

 

Dans ce qu’il est convenu de nommer la plus importante entente de conservation de la forêt à ce jour, une coalition de 9 groupes environnementaux d’un côté et des 21 entreprises membres de l’Association des produits forestiers du Canada (APFC) de l’autre, ont signé l’Entente sur la forêt boréale canadienne et l’ont rendue publique conjointement le mardi 18 mai.

 

Six objectifs communs principaux et une soixantaine de cibles font partie de cette entente de trois ans, jusqu’en décembre 2012. L’assainissement des pratiques forestières des entreprises et une vérification par une tierce partie de la conformité des processus sont au cœur de cette entente considérée par tous comme historique.

 

Il faut savoir que l’on parle, pour l’ensemble du territoire canadien, de 72 millions d’hectares, soit deux fois le territoire allemand au complet ! Un moratoire sur la mise en exploitation de 28 millions d’hectares fait partie de l’entente. Plus de 8 millions d’hectares se trouvent au Québec. C’est rien de moins que colossal comme engagement. « On ne répètera jamais assez l’importance de cette entente », déclarait Avrim Lazar, président et chef de la direction de l’AFPC.

 

Nous sortons d’un long tunnel. Avec cette entente, on passe à une étape cruciale dans la vision de la gestion de nos forêts. Toutes les parties ont eu les coudées franches. Les écolos laissent de côté leur campagne de boycottage contre ces entreprises et s’engagent même à appuyer leurs efforts sur la scène internationale, ce n’est pas rien, croyez-moi !

 

Un grand et sincère bravo pour ce pas de géant. Deux ans de travail conjoint et, sans doute, des négociations intenses qui ont permis de mettre fin à une époque noire. Tous visent des objectifs durables : protection de zones sensibles pour les écolos et mise en marché de produits du bois à valeur ajouté pour les entreprises. La balle est dans le camp des politiques et, déjà, une réaction positive du gouvernement du Québec a été émise.

 

Dire qu’il y en a qui pense encore qu’environnement et économie ne sont pas compatibles !

   

Carbone 14

 

Semaine du 3 mai 2010

 

Les scientifiques utilisent la datation au carbone 14 afin d’établir l’âge d’objets vieux de milliers d’années. Le carbone se dégrade à un rythme très précis et cette méthode permet de mesurer avec une précision étonnante ce qui semble hors d’âge. Le suaire de Turin, les fossiles de l’homme de Neandertal ont été étudiés au carbone 14.

 

Le pétrole que l’on voit flotter sur les eaux du golfe du Mexique provient de plusieurs kilomètres sous le plancher sous-marin. Il a fallu des millions d’années à la lente évolution de la terre pour fabriquer le précieux liquide qui, ne l’oublions pas, est un produit naturel.

 

Notre avidité à l’extraire videra l’essentiel des réserves accessibles en une centaine d’années. Le rejet accéléré de ce carbone millénaire va à l’encontre de l’évolution de ce qui vit sur terre. Notre bilan carbone bascule à la vitesse grand V. Nous devrons aller vers une autre économie, une qui verra diminuer considérablement la place du carbone dans nos vies, en particulier du carbone fossilisé.

 

Nous avons au Québec une banque de carbone vivant, non fossilisé, qui, si nous l’utilisons sagement, pourrait être une composante majeure dans notre nouvelle économie carbone. Chaque mètre cube de bois est le résultat d’une transformation de CO2 émis en oxygène et en carbone solide.

 

Ce carbone bois nous offre des possibilités incroyables de produits et sous-produits du bois. Certes, nous fabriquons des maisons, des meubles, des planchers et du papier. Demain, les nanotechnologies ouvriront de nouveaux horizons. Mais nous devons accentuer le virage carbone vert entrepris ces derniers temps. Nous n’avons pas à dater nos produits du bois au carbone 14, nous avons par contre l’obligation, vu la brièveté du cycle carbone d’un arbre récolté, de nous assurer que le compte en banque de notre carbone végétal soit au cœur de nos préoccupations et de nos attentions les mieux intentionnées. La datation se fait maintenant au jour le jour.

   

Le Lacey Act, la traçabilité avec des dents !

 

Semaine du 12 avril 2010

 

La célèbre compagnie de Guitares Gibson de Nashville aux États-Unis a été littéralement envahie par des agents fédéraux au mois de novembre dernier, la raison ? Elle utiliserait du bois de sources illégales pour fabriquer ses célèbres instruments.

 

La lutte aux produits du bois issu de sources illégales vient de franchir le cap de la ligne dure. Le Lacey Act est un des plus vieux morceaux de législation aux États-Unis. Loi datant de 1900, le Lacey Act vise le commerce illégal ou la contrebande de plantes et animaux, son adoption coïncidait avec la création des premiers parcs nationaux aux États-Unis. Amendée plusieurs fois, sa portée vient d’être considérablement élargie.

 

Ainsi, un arbre devient une plante soumise à la loi et les produits du bois, qu’importe le niveau de transformation, sont sujets aux sanctions très sévères qui viennent d’être ajoutées à la loi. Le Timber Protection Act, sous produit du Lacey Act, oblige tout importateur américain de produits du bois à soumettre une déclaration de provenance d’origine de l’arbre qui a servi à élaborer, disons, tel meuble. Il doit préciser l’espèce (en latin !) et le pays d’origine du produit importé. De son côté, l’exportateur doit s’assurer que son produit est légal, ce qu’il peut faire notamment avec une procédure de traçabilité.

 

Les amendes commencent à 10 000 $ et peuvent aller jusqu’à 250 000 $ pour chaque infraction. Quand on fabrique un meuble dont les composantes peuvent venir de différents pays, dont certains ont des historiques douteux quant à leurs pratiques forestières, on a avantage à se retrousser les manches !

 

Selon Greg McCue de la firme Steptoe & Johnson de Washington, qui se spécialise en droit commercial international, les importations de produits du bois venant de pays comme le Brésil, le Congo ou certains pays asiatiques sont particulièrement visées.

 

Le bon côté de cette loi, on le devine, est de mettre fin au dumping de produits du bois pas chers issus de pratiques forestières illégales. À terme, cela servira l’industrie du bois de chez nous, surtout si nous mettons en place une réglementation similaire ici. Sans traçabilité, sans légalité prouvée, le plancher flottant chinois, fait avec du bois indonésien vraisemblablement coupé illégalement, ne pourra plus envahir le marché américain. Si nous procédons de la même manière chez nous, l’utilisation de bois d’ici prendra plus de sens et, surtout, la concurrence asiatique ne minera plus nos efforts de certification. La voie de l’avenir passe par la responsabilité environnementale plus que jamais.

   
 

Les tricheurs des forêts tropicales 

Semaine du 5 avril 2010

 

J'ai déjà abordé le sujet des coupes illégales dans les pays tropicaux dans mes carnets. Trois zones sont au sommet de la liste des territoires exploités : le bassin amazonien, la Malaisie et l'Indonésie et le bassin du fleuve Congo. Ce dernier couvre la deuxième plus grande concentration de forêts tropicales de la planète.

 

Depuis le milieu des années 1990, une loi nationale au Cameroun impose aux compagnies forestières le dépôt d'un plan d'aménagement sur cinq ans au moment de leur demande de permis d'exploitation. Cette démarche vise à assurer une exploitation durable qui exige la protection de certaines essences d'arbres exclues des droits de coupe.

 

Mais une étude récente du Centre international d'études sur la foresterie (CIFOR) a démontré que des tricheurs sont à l'œuvre. On s'est aperçu que certaines compagnies déclaraient n'avoir coupé que des essences prévues à leurs permis, mais les volumes déclarés représentaient moins de 15 % de leurs exportations totales ! En somme, une fois dans la forêt, on ne faisait pas dans la nuance. Les deux-tiers des compagnies ont ainsi triché sur leurs droits légaux de coupe.  

 

Comme les droits d'exploitation sont émis pour une période de 15 ans, on peut imaginer le reste ! Ajoutez à cela une gouvernance défaillante et nous avons tous les éléments d'une mise à sac de l'équilibre écologique et social du bassin congolais.

 

Une présence accrue des gouvernements, appuyée par une aide des pays riches grâce au programme REDD des Nations-Unies, devra contribuer à accroître le suivi des lois locales. Rappelons que le programme REDD (Réduction des GES dus à la déforestation et à la dégradation des terres et forêts) est le seul qui a survécu à l'échec de Copenhague. Plus de 25 milliards de dollars sont garantis par les pays riches pour les seules trois prochaines années et plus de 100 milliards de dollars son prévus d'ici 2020.

 

La traçabilité des bois tropicaux doit être au cœur de nos préoccupations. Comme nous travaillons à mettre en place une traçabilité des produits forestiers du Québec, nous devons en tant que consommateurs, nous assurer que nos achats de produits du bois, peu importe leur provenance, n'appuient pas implicitement les tricheurs !

 

Informons nous avant d'acheter et en cas de doute, n'achetons pas de produits du bois d'une source douteuse. Soyons responsables !

   

Le bois certifié : on progresse à grands pas !

 

Le but ultime recherché dans la gestion de nos forêts et dans la transformation de nos produits du bois est de ne produire sur le territoire du Québec que du bois dont nous savons qu’il est issu d’un aménagement durable de nos forêts. C’est grand le Québec, mais nous en avons déjà de grands pans qui sont certifiés sous une forme ou une autre.

 

Récemment, le Syndicat de producteurs de bois de l’Estrie annonçait que près 30 % du territoire forestier de la région est maintenant certifié. Cela représente près de 140 000 hectares de forêts. Il faut savoir que plus de 1 400 travailleurs représentant une vingtaine d’entreprises travailleront désormais dans ces boisés. La gestion responsable a un visage humain. La grande majorité de la certification acquise l’est sous le sceau du Forest Stewardship Council (FSC), la norme la plus utilisée dans le monde.

 

Il faut noter également qu’il s’agit de terres privées, donc presque exclusivement de petites propriétés forestières. Les nouveaux propriétaires certifiés sont réunis au sein de regroupements coopératifs ou forestiers. Ce rassemblement de petits et de moyens propriétaires a permis de répartir les coûts et d’obtenir une plus grande surface certifiée.

 

Ce n’est pas rien ! Face à cette image de pilleurs de forêts véhiculée depuis un moment, il faut maintenant souligner l’effort collectif de plus en plus de propriétaires engagés envers une gestion approuvée par une méthode de certification indépendante et crédible. Ce sont plus de 20 millions d’hectares au Québec qui sont ainsi certifiés. L’Amérique du Nord compte pour 56 % des forêts certifiées du globe. Le Canada, avec plus de 150 millions d’hectares certifiés, est le pays le plus couvert au monde en termes de gestion responsable.

 

En somme, nous allons dans la bonne direction, grands et petits ont compris l’importance de l’aménagement durable des forêts qui nous procure le bois, le matériau le plus environnemental qui soit !

   

Je, tu, ils touchent du bois !

 

Semaine du 15 mars 2010

 

La campagne de sensibilisation aux avantages du bois prend un tournant régional majeur. Avec notre campagne nationale de l’automne dernier, nous avions reçu l’appui de personnalités publiques connues, comme Steven Guilbeault, Bernard Lemaire ou Claudette Carbonneau, ce quii nous permettait d’apporter le message du bois à une grande échelle.

 

Nous entreprenons maintenant une démarche similaire, mais avec la particularité que notre nouvelle campagne s’appuie sur des personnalités régionales. Que ce soit Ginette Gauthier, directrice générale du Domaine Forget, Patrick Rehel, président de la Base de plein air de Bellefeuille à Chandler, Serge Guay, directeur général du Site historique maritime de Pointe-au-Père à Rimouski ou Yvan Rose, directeur général de Promutuel L’Abitibienne à Amos où n’importe quels autres héros régionaux qui se sont joints à la campagne, ils ont tous en commun un amour du bois qui se traduit par ce qu’ils ont accompli, par ce qu’ils mettent en marché et par leur appui à l’économie locale.

 

De Maniwaki à Fitch Bay, de Saint-Liguori à La Macaza en passant par Victoriaville, ils ont choisi le bois. Ils touchent du bois ! La place du bois dans les bâtiments des entreprises privées est grandissante. Les amoureux du terroir sont amoureux du terroir ultime : la forêt !

 

La Coalition a terminé ces jours derniers une tournée des régions où elle a fait d’une pierre deux coups : la nomination de démarcheurs en construction bois (voir note carnet précédent) et le choix de personnalités régionales qui deviennent en quelque sorte nos porte-étendards dans leur milieu. La couverture médiatique et l’appui des élus régionaux, ainsi que la présence de la ministre Normandeau dans certains cas, ont permis d’envoyer un signal fort sur le virage bois en région.

 

Je vous invite à faire la connaissance avec nos porte-parole régionaux et à lire le message qu'ils veulent vous livrer sur notre site à l'onglet Je touche du bois !

 

Maintenant ! Il faut que les villes centres se mettent sérieusement en marche. Sauf quelques exemples forts, tel le collège Marie-Victorin à Montréal ou l’édifice du Fondaction (CSN) à Québec, la liste des organismes qui prennent le virage bois est bien courte, fonction du poids démographique des grands centres. Allez ! Touchez du bois ! Le reste du Québec a déjà pris le pas.

   

Plancher sur l’arbre !

 

Semaine du 8 mars 2010

 

Comme vous le savez, la Coalition a pour mission centrale d’encourager l’utilisation accrue du bois dans la construction, en particulier dans les secteurs commercial et institutionnel. Mais notre mission va bien au-delà de cela.

 

Nous cherchons à redonner aux Québécois l’amour de leur forêt, des produits du bois et en particulier, des produits d’ici.

 

L’équipe de la Coalition a fait depuis plusieurs mois une série d’interventions en région. L’embauche de démarcheurs, dont je parlais dans une chronique récente, et notre présence lors de colloques, conférences et congrès ont constitué le gros de nos interventions auprès de milliers d’entre vous.

 

Je ne peux m’empêcher de constater la vivacité des différents secteurs de transformation et de valorisation des produits du bois. Un réel esprit de créativité et d’innovation anime des centaines d’entreprises qui refusent de céder à la morosité de nos maux économiques.

 

Lors de mes présentations, je souligne les nombreux avantages liés au bois. Avantages techniques, environnementaux et économiques présents dans toute la chaîne d’emplois que l’on trouve entre l’arbre et les fermes de nos toits, la table, la chaise ou le plancher qui nous entourent. Mais récemment, je me suis retrouvé à dire tout haut ce que je pense tout bas sur l’arbre.

 

Selon vous, est-il possible qu’un puits de pétrole donne du sirop d’érable ? Des pommes ou des poires ? De l’ombre pour un été d’après-midi ? Des feuilles de toutes les couleurs en automne, une piste à l’abri du vent pour faire du ski de fond ?

 

Ces services de la nature ont une valeur inestimable et ils font partie de notre identité, de ce que nous sommes au plus profond de nous. L’arbre représente une planche de salut durable, viscérale et, si nous sommes sages avec la forêt, un héritage qu’aucune forme d’énergie fossile ne saurait remplacer.

 

Utilisons les produits du bois en toute connaissance de cause en ayant en tête qu’une fois les réserves de pétrole épuisées, nous pourrons toujours compter sur un arbre pour mettre de l’ombre sur nos toîts durant une chaude journée d’été.

   

Démarcher pour le bois

Semaine du 1er mars 2010

 

Quand on y regarde de près, une réelle régionalisation des pouvoirs, petits et grands, semble avoir de plus en plus le haut du pavé. Dans mes carnets de Copenhague, j’avais parlé à quelques occasions des appuis croissants à la régionalisation de la gestion des forêts. Que cela vienne d’Elenor Ostrom, prix Nobel d’économie 2009, ou de Wangari Maathai, prix Nobel de la paix 2004, pour son travail de reboisement en Afrique, nous étions face à des conclusions similaires. La proximité importe.

 

Au Québec, nous sommes à mettre en place un réseau de démarcheurs régionaux dont la mission est de « vendre » l’utilisation accrue du bois dans la construction. La mission de ces neuf représentants est de veiller à ce que les futurs arénas, centre culturels, garages municipaux et même franchises de chaînes alimentaires, se construisent en tout ou en partie avec du bois, et de préférence du bois d’ici.

 

Ces représentants ont tous en commun une connaissance du milieu, un réseau de contacts de premier plan et un amour évident du bois. Leur message se concentre non seulement sur le matériau bois et ses avantages environnementaux et structurants, mais il vise à sensibiliser les décideurs des indéniables avantages à encourager une chaîne d’économie locale ou régionale.

 

Le choix du bois d’ici n’a pas de substitut économique, social et environnemental ! L’économie dite de proximité n’est pas seulement bonne pour le Kenya de Wangari Matai ou pour le fond de l’Indonésie. La région demeure le meilleur terrain d’intervention pour la gestion en temps réel. Il suffit d’avoir une politique nationale cohérente qui pose la vision globale nécessaire et une volonté de laisser aux intervenants locaux les choix qui les concernent au jour le jour.

 

Les démarcheurs travaillent donc avec ce double mandat en tête. La créativité régionale doit de toute façon servir l’économie locale avant tout. La protection de l’environnement s’exerce beaucoup plus facilement par les premiers intéressés : ceux et celles qui habitent leur région.

 

Pour les entreprises, c’est un peu le même crédo qui s’impose. Ce n’est qu’une fois bien implantée sur place qu’une entreprise pourra penser rayonner plus loin de son centre économique de base.

   

Pour une gouvernance responsable


Semaine du 22 février 2010

 

Je voudrais revenir sur la gouvernance dans les pays sujets aux coupes forestières illégales. Selon une étude du département de foresterie du Royaume-Uni , 15 % des forêts du globe se trouvent dans des pays dits fragiles. Qu’est-ce qu’un pays fragile ? Un pays au bord de la faillite, et ce, sur plusieurs plans. Régime politique sans gouvernance d’où corruption profonde, guerres civiles et écroulement du tissu social et conséquents abus sur les ressources naturelles.

 

Quels sont les pays en tête de cette triste liste? L’Angola, l’Afghanistan, le Burundi, la République démocratique du Congo, Haïti, le Libéria, le Sierra Léone, la Somalie et le Soudan ! Avouez que cette liste ne contient aucune surprise. Il y a ainsi près d’une cinquantaine de pays qui rencontrent les critères qui les mettent sur cette liste. Le tiers des pays de la planète !

 

Voilà qui nous instruit sur l’urgence d’ententes internationales visant la fin de ces économies corrompues et un retour à une gouvernance plus responsable. La Communauté européenne a entrepris la mise en place d’une série d’ententes avec des pays comme la Malaisie, le Congo et l’Indonésie dans le but de les aider à iinstaurer un cadre contraignant et durable de la gestion de leurs forêts. Plusieurs centaines de millions de dollars sont déjà affectés à ces programmes.

 

Des mesures d’implantation d’une chaîne de traçabilité des produits du bois, financées en bonne partie par des programmes des Nations Unies ou de la CEE, permettront de lutter contre la corruption en renforçant la gouvernance. Un appui technique aux inventaires forestiers est intégré dans les ententes et une obligation de garantir que les produits exportés répondent aux normes du pays importateur est imposée. Une chaîne de traçabilité qui sera de plus en plus exigée, peu importe le pays exportateur.

 

Sans perdre de vue que seulement 1 % du bois récolté dans la majorité des pays africains exportateurs de bois répond aux critères d’une gestion saine et légale, il y a là un début de normalisation de gestion forestière qui, espérons-le, aura un impact positif sur la gouvernance de ces États.

   

La valeur d'un arbre

 

Semaine du 15 février 2010

 

Un important colloque sur la conservation et la foresterie s’est tenu cette semaine à Orford. On y a parlé surtout de forêts privées, dont une bonne partie est localisée au sud du Saint-Laurent, mais dans les faits, les grandes interrogations sur l’avenir des forêts sont les mêmes, peu importe la région dont on parle.

 

La présence des humains en forêt privée n’est pas sans causer certains soucis aux industriels forestiers et aux autres métiers du bois. La transformation des feuillus du sud du Québec contribue à la fabrication de produits à haute valeur ajoutée comme les planchers de bois francs et les meubles.

 

Il y a plus de 130 000 propriétaires privés de lots forestiers au Québec. Chiffre impressionnant à première vue ! Mais…, car il y a un mais, plusieurs sont …absents. Retraités, baby boomers en quête de tranquillité n’aménagent pas leur forêt, ce qui a des conséquences sur l’industrie des bois fins. On assiste à une hausse de la valeur spéculative des lots, compte tenu de la demande accrue. Cette hausse de la valeur foncière nuit aux producteurs de bois parce que leur compte de taxes augmente rapidement. Ne jouissant pas des mêmes avantages fiscaux que les agriculteurs, des producteurs forestiers en arrachent…

 

La question qui se pose est la suivante : comment déterminer une valeur foncière équitable aux boisés privés assurant ainsi une meilleure chance de survie aux producteurs forestiers et à un secteur de produits du bois à haute valeur ajoutée ?

 

Aux États-Unis, en Allemagne et dans d’autres pays, il y a une fiscalité qui vise les propriétaires de lots forestiers qui n’aménagement pas leur forêt, qui n’en font pas une gestion intégrée. L’idée étant qu’ une forêt ayant une valeur en elle-même, ne pas l’entretenir pour maintenir cette valeur est considéré comme étant nuisible du point de vue économique et environnemental. Le propriétaire passif se voit servir une taxe supplémentaire dont le but est de limiter la spéculation sur les lots forestiers. Les propriétaires actifs risquent moins de subir une hausse purement spéculative qui affecterait négativement leurs revenus.

 

Nous visons à revitaliser notre industrie du bois, dont le secteur de la transformation des produits du bois à valeur ajoutée. Aménager nos forêts méridionales, c’est investir en environnement et en économie.

   

Le bois en force… à Milan

 

Semaine du 8 février 2010

 

La foire architecture et design de Milan est la plus grosse jamais tenue en Italie sur le domaine de la construction, et l’une des plus importantes d’Europe. La surface totale de l’exposition dépassait les 80 000 mètres carrés, répartis sur presque un kilomètre de pavillons thématiques. Une importante partie de la foire (un pavillon entier) était vouée au matériau bois. Tous les aspects étaient couverts, de la gestion écologique de la récolte aux produits les plus fins en bois, en passant par les méthodes de construction, les planchers et autres composantes d’une maison.

 

Pour la Coalition, cette mission organisée par le gouvernement canadien était double : une mise à niveau des tendances bois en Europe et particulièrement en Italie, de même qu’un regard sur les possibilités d’échanges futurs dans les domaines de la transformation du bois et de la mise en marché de nos produits transformés.

 

Il semble que la mouvance de l’utilisation accrue des produits du bois soit de plus en plus généralisée. L’Italie, qui n’est pas exactement une force du marché du bois, semble bien désireuse d’entreprendre ce virage. Il faut noter que la région transalpine du Trentino a indéniablement pris l’initiative dans ce secteur. Le salon se tenant à Milan, haut lieu du design italien, on est en mesure de constater que la mise en marché de produits fins issus du bois sera au cœur de ce que l’on peut nommer l’offensive bois en Italie.

 

Nos fabricants de structures à ossature bois doivent hausser la performance énergétique de leurs produits s’ils veulent espérer percer le marché européen. Entre autres, les produits isolants plus acceptables du point de vue environnemental, comme la laine de bois, représentent une double opportunité : une utilisation accrue des résidus forestiers et une augmentation de la valeur environnementale du fait bâti.

 

Nous avons constaté que quelques arguments positifs supplémentaires venaient s’ajouter aux avantages environnementaux du bois. Dans une zone récemment affectée par un sérieux tremblement de terre en Italie, on reconstruira surtout en bois ! Les avantages du bois face aux risques sismiques sont réels comme l’ont démontré des tests spectaculaires en laboratoire au Japon en 2008.

 

En somme, si nous jouons bien nos cartes, non seulement redonnerons-nous une place de choix au bois chez-nous, mais nous ouvrirons de nouveaux marchés.

   

Combustion lente

Semaine du 3 février 2010

 

Il fallait s’y attendre, le débat sur la pollution par les feux de bois reprend. On en est à ajouter au bulletin météo l’indice feu de bois au bilan smog du jour. Je n’en croyais pas mes oreilles. Car voyez-vous, on semble pouvoir mesurer avec précision la part des émissions allouables aux poêles et aux foyers de nos villes.

 

Je voudrais revenir sur quelques points soulevés lors du débat sur le règlement de la ville de Montréal, débat qui fut assez houleux. Le règlement, adopté sans amendements, stipule qu’il est maintenant interdit d’installer dans le secteur résidentiel de nouveaux appareils à combustion de biomasse, sauf deux exceptions : les poêles à granules et les foyers au gaz naturel. La Coalition a appuyé ce règlement parce qu’il devrait en fin de compte réduire les émissions de GES. Nous avions mis en garde la ville contre une éventuelle extension du règlement vers le commercial et l’institutionnel où des gains de réduction de GES sont possibles grâce à ces chaufferies à la biomasse.

 

Il y a deux failles dans ce texte : il vise l’exclusion, par le biais de ce qu’il autorise, de toute technologie qui aurait une performance égale, voire supérieure aux normes attribuées aux foyers au gaz et aux poêles à granules. En somme, il ne détermine pas un seuil inacceptable d’émissions mais il permet l’utilisation de seulement deux types d’appareils qui correspondent à un seuil d’émissions prédéterminé, ce qui en exclut de facto d’autres qui respectent le même seuil.

 

Une présentation, qui suivait justement la nôtre, mettait en doute la méthodologie utilisée pour démontrer les seuils élevés atteints dans certaines parties de l’île. À titre d’exemple, une partie importante de sites considérés comme élevés longeaient Laval, dans le nord de la ville et il est évident que les vents dominants amenaient de Laval la pollution mesurée sur ces sites en bordure de la rivière des Prairies.

 

En d’autres mots, sur un dossier technique, qui ne nous a pas convaincu, on attribue à Montréal une pollution qui vient en partie des banlieues. De plus, il y a des règlements différents à gauche et à droite dans la couronne de Montréal sans compter la règlementation du gouvernement du Québec.

 

Ainsi, avant de crier au loup à chaque jour de smog et de supposer que seuls les poêles à combustion lente des sous-sols de Montréal rendent l’air irrespirable, ceux qui émettent ces chiffres devraient se méfier des généralités. Il y a des dizaines de milliers de ces appareils partout au Québec, mais ils ne seront éliminés que si on permet à une génération beaucoup plus performante de les remplacer.

 

Rappelons que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) reconnaît que la biomasse forestière est une source d'énergie carbone-neutre. Le GIEC est également d'avis que le bois devrait jouer un rôle clé dans la substitution des combustibles fossiles pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Conclusion : brûler du bois est nettement mieux sur le plan environnemental que de brûler des combustibles fossiles.

 

Il faut donc se demander non pas si on devrait interdire de brûler du bois de chauffage, mais plutôt comment on pourrait le faire d'une façon moins polluante, selon des standards de combustion élevés. Il est peut-être temps de se donner une norme solide, universelle qui réglementera les niveaux d’émissions issues de la combustion au bois et non pas les appareils de chauffage eux-mêmes.

   

Haïti : en bois, vraiment ?

Semaine du 25 janvier 2010

 

À la suite de la réception que vous avez faite à mes chroniques de Copenhague, nous avons décidé de prolonger le plaisir. Chaque semaine je mettrai en ligne un texte sur l’actualité du bois ou sur des sujets qui rejoignent l’environnement dans la perspective des changements climatiques.

 

Haïti donc. Plusieurs, le premier ministre Campbell de la Colombie-Britanique en tête, ont proposé de reconstruire en bois à Haïti. Certains ont même avancé que les dommages dus au tremblement de terre auraient été moins graves si les habitations avaient été en bois.

 

Il faut d’abord vivre avec la réalité économique : Haïti est un pays sans réelles infrastructures. Ce pays a été sous le joug de mafias, de despotes et, moins visiblement, sous l’influence des pays riches qui ne se sont pas gênés pour exploiter le peuple et les ressources de l’île. Comme le disait le professeur Claude Villeneuve de l’Université du Québec à Chicoutimi, ce pays est un exemple de SUR-développement. Dans cette immense tourmente de générosité tout un chacun veulent aider, contribuer. Les idées fusent sur le comment, l’après. Mais rien n’est si simple.

 

Le bois du Nord est-il adapté au climat tropical ? Vraisemblablement, c’est le cas si le bois est traité en conséquence. Mais comment ferons-nous ? Livrer du tout construit ? Livrer des « kits » style Ikea avec un minimum d’outils pour assemblage local ? Livrerons-nous le bois en vrac à un peuple qui ne sait faire qu’en maçonnerie et en récupération ? Quel sera l’impact social et économique de ces options ?

 

Autant de questions que nous devrons regarder avec ouverture et franchise dans notre élan de générosité. Nous avons devant nous un peuple agricole d’histoire, urbain par nécessité et abandonné à son sort depuis des années. Soyons clairs, peu importe les choix qui se feront, le peuple doit être maître d’œuvre ou, à tout le moins, avoir une place importante dans la reconstruction.

   

Carnet de bord de François Tanguay

Conférence sur les changements climatiques des Nations Unies à Copenhague

Et alors, Copenhague...?

Dimanche 20 décembre

 

S'il faut en croire les réactions premières, il y a beaucoup plus de déçus que d'heureux. En ce qui me concerne, je dis : on avance. Oh ! Certainement pas à la vitesse désirée par les scientifiques, certainement pas assez rapidement pour les petits pays insulaires et sans doute pas assez rapidement pour atteindre l'objectif des 2 degrés ciblés. Trop peu de langage non contraignant, pas assez d'unanimité sur les moyens à prendre, sans doute. Je me dis, en cherchant dans mes réserves d'optimisme, que ce qui est acquis l'est !

 

Nous n'avancerons vraiment que lorsque cela fera très mal, de toute évidence l'agenda des nantis ne voit pas d'assez près la menace qui pèse sur ce qui est l'inébranlable credo de l'Ouest, la marche en avant de la consommation pour arriver à la richesse, leur style, notre style de richesse.

 

La position qui fut la plus hypocrite cette semaine fut celle de la Chine. Membre du G-77, la Chine est tout sauf un pays en voie de développement. Son refus de se soumettre à un suivi des mesures d'appui sous REDD et l'aide aux pays en voie de développement sont incohérents avec la ligne du G-77, qui a démontré beaucoup d'ouverture à Copenhague. La Chine se comporte en riche et veut les bonbons des pays qui ne le sont pas. Et cette Chine qui inonde l'Occident de produits issus d'un comportement environnemental qui est loin d'être exemplaire... Les Américains ont fait preuve d'une bonne dose d'ouverture malgré un Sénat bloqué et une économie boiteuse.

 

La colère des pays en voie de développement et celle de la société civile ne va pas diminuer, l'exclusion des grandes discussions des COP ne peut perdurer, il y a trop d'exclus lors de ces sommets. Le Canada quant à lui est devenu non pertinent. Combien de temps les trois quarts de la population canadienne, qui ne partagent pas le point de vue du gouvernement central, accepteront cette mise en pénitence, ce minage de notre avenir ? Allez savoir...

 

Je conclus ici ces blogues COP 15. Je vous reviendrai en janvier avec une révision plus fouillée, reste à lire et relire les textes, ce que bien des gens avec des opinions bien arrêtées n'ont visiblement pas fait.

 

Laissons tomber la poussière.

 

Bon repos de fin d'année.

   

Les poupées russes

 

Jeudi 17 décembre

 

Il reste moins de quarante huit heures avant la conclusion du Sommet. En lisant les blogues sur les différents sites des médias du Québec, je suis sonné par le cynisme que j’y retrouve. Entendre l’éloge d’un PM qui est littéralement au ban de la communauté mondiale parce que, supposément, il tient tête aux gauchistes d’écolos, me laisse pantois. Je vous avertis, je ne ferai pas dans la dentelle aujourd'hui.

 

Tout d’abord, ne pas être capable de comprendre que les environnementalistes font partie d’une grande famille qui englobe les petits États, les pays du tiers-monde, les syndicats, les regroupements populaires de toutes sortes et l’assemblée de centaines de maires de partout dans le monde, c’est faire part d’une vision étroite. Les écolos ne sont que la pointe d’un iceberg qui traverse toutes les couches de la société, et ce, dans tous les pays.

 

Il y a dans le cadre de cette réunion, DES réunions comme autant de poupées dans la grande. C’est à moins de 140 sur 20 000 que la présence de la société civile a été limitée jeudi.

 

Les exclus ont décidé de tenir leur propre COP 15. C’est en transformant villes, villages et économie locale que ces acteurs de l’ombre travaillent à tous les jours pour qu’il y ait un peu plus de justice et d’équité. Ceux et celles qui voient en COP 15, soit un échec absolu, soit un succès mitigé ou un grand pas en avant, en manquent un gros bout. Malgré la position de l’administration américaine, malgré l’échec lamentable du gouvernement canadien de mettre notre pays sur la voie de la transformation, il y a une révolution tranquille et civile qui naît et vous devez en faire partie.

 

S’imaginer que c’est à EUX (les États centraux) de tout faire, que c’est EUX (les écolos) qu’il faut blâmer, c’est fuir devant ses propres responsabilités. Ce que dit la société civile ici est simple : l’obligation de subir entraîne le droit de savoir ! C’est pour cela qu’il faut faire sa petite révolution chaque matin. Écolos irréalistes? Qui a mieux à proposer que l’équité et le respect de la nature ? Ne perdez jamais de vue qu’il y a plusieurs poupées à l’intérieur de la grande, d’où l’intérêt de ne pas conclure qu’il n’y a que la première et la plus visible qui importe !

   

État de siège

 

Mercredi 16 décembre

 

Depuis ce matin, le Bella Center de Copenhague a pris des allures de bunker. Hélicoptères, véhicules pleins de policiers à tous les quelques centaines de mètres, vérification accentuée partout sur un périmètre élargi. Pas de doute, nous approchons de la zone critique du Sommet.

 

La tension est palpable et les négociations se corsent. La ministre de l’Environnement danoise, présidente du Sommet vient de démissionner à la suite de plusieurs critiques sur sa gestion des assemblées générales et de son incapacité à trouver des compromis. Le Premier ministre danois prend la relève. Amère défaite pour cette dame brillante et ambitieuse, si l’on en croit nos conversations avec les locaux. Comme il n’est même pas envisageable d’entrer dans le « bunker », nous observons.

 

Conférence de presse ce matin tenue par des groupes environnementalistes canadiens, dans un hôtel voisin de Bella Center, pour récompenser nos élus − maire, ministre ou Premier ministre −, le trophée en verre recyclé a été reçu sans bravade par les gagnants. Parmi les lauréats, les Premiers ministres de la Colombie-Britanique, du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse ainsi que le Premier ministre Charest. Ce dernier, y allant d’un plaidoyer en faveur des pouvoirs fédérés, a rappelé que toute entente internationale signée par le Canada doit respecter les pouvoirs des provinces.

 

D’ailleurs, il a tenu ce discours hier soir lors de la soirée des États fédérés, où Arnold Swartzeneger a littéralement volé au-dessus des autres chefs d’États présents. Dans un discours bref et passionné, le gouverneur de la Californie y a plaidé en faveur des pouvoir régionaux et des États fédérés. Exemple à l’appui, il a démontré comment les pouvoirs nationaux négocient pendant que les provinces, les régions et les municipalités agissent. Selon Arnold, le pouvoir proche du citoyen est plus efficace et plus performant que les pouvoirs nationaux. Et le Premier ministre Charest a rappelé ce matin, lors de sa rencontre avec les journalistes, que la communauté européenne entend ne pas perdre de vue les compétences des États fédérés.

   

Et la médaille d’or va… au Canada !

 

Mardi 15 décembre 2009

 

C’est maintenant officiel, le Canada va remporter haut la main le Colossal Fossil ! Le grand championnat du pays ayant le moins contribué à faire avancer les discussions lors du Sommet de Copenhague. Littéralement seul dans la course à la première place, laissant les autres pays loin derrière.

 

Est-il besoin d’ajouter que l’attaque sans fondement sur Steven Guilbeault par Dimitri Soudas, l’attaché de presse de Stephen Harper, concernant un faux communiqué du gouvernement canadien, y est pour quelque chose ? Mais la vraie raison, c’est la position rétrograde du Canada sur les GES et surtout le fait que le gouvernement canadien ait menti aux autorités onusiennes sur ses cibles. Il n'y a pas de quoi être fier.

 

De fait, 85 % des Canadiens ne partagent pas cette position. Il reste à voir ce que les trois prochains jours vont apporter comme espoir à la planète, malgré la position indéfendable du Canada, qui, heureusement est un joueur mineur. À se promener dans les allées du Bella Center et à voir l’empressement des badges roses (la couleur des délégations officielles), on sent que ça brasse pas à peu près.

 

Les pays du G77 vont passer au second rang avec l’arrivée des poids lourds (en émissions de GES) politiques. Le président Obama et la Chine risquent d’avoir le succès ou l’échec du sommet en bandoulière ! Et encore, les enjeux sont si colossaux, si complexes, qu’on peut se demander s’il ne faudra pas plusieurs mois pour démêler l’écheveau. Car même une fois un accord conclu, il faudra de toute façon un long moment pour perfectionner le langage, confirmer les choix des mots.

 

Demain, l’accès au Bella Center sera restreint et il se peut fort bien que je ne puisse y entrer, et que ce soit encore plus limité par la suite. Consolation, je ne serai pas seul !

   

Des jours critiques

 

Lundi 14 décembre

 

L’équipe Québec est arrivée hier et elle a du pain sur la planche. Si on se fie aux informations qui filtrent sous les portes closes des réunions de négociations, le premier ministre Charest ne devrait pas revenir les mains vides. Sans qu’il y ait encore de texte final, on voit apparaître une forte tendance qui permettra aux produits du bois du Québec d’être avantagés par une entente dans le cadre de COP 15.

 

Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’inclusion de la valeur en carbone séquestré des produits du bois, meubles, maisons etc., dans des ententes de COP 15 donnera un sérieux coup de pouce à nos industries de transformation du bois. La valeur environnementale ajoutée de ces produits nous aidera grandement sur les marchés mondiaux.

 

Pour cela, il faut réorienter nos méthodes de production vers une qualité de finition internationale. Il faudra aussi un travail incessant de la part de nos élus et des gens d’affaires pour ouvrir les marchés extérieurs, surtout le marché européen.

 

De plus, cela devra se faire en dépit des positions défendues par Ottawa. Avec la cible actuelle du fédéral, nous serons tôt ou tard exclus de marchés qui refuseront de faire des affaires avec des pays n’ayant pas adopté des cibles de réduction de GES comparables. Le défi pour le Québec, dans les quelques jours qui viennent en particulier, c’est de se distinguer et de faire connaître sa position sur les GES, qui est tout à fait compatible avec celle de la Communauté européenne. Il n’y a pas vraiment de voix discordantes sur ce point au Québec, ce qui facilite grandement le travail de nos représentants.

 

La Coalition, pour sa part, va continuer à défendre et à promouvoir les intérêts et les avantages du bois, comme elle le fait depuis presque deux ans, soyez-en assurés !

   

Mettre fin à la corruption

 

Dimanche 13 décembre 2009


Septième jour de COP 15. Je fais une pause pour participer au Forest Day, une des nombreuses activités tenues dans le cadre du Sommet. Nous allons écouter aujourd'hui les plus grands spécialistes, personnes ou institutions, sur tout ce qui touche la forêt.


Des représentants d'OGN directement concernés par la dégradation de la forêt et des terres agricoles dans leur coin de planète, mais aussi, des scientifiques et des élus. À ce titre, la journée a commencé avec une mise en bouche pas banale : trois prix Nobel se sont succédé sur le podium. Élinor Ostrom, prix Nobel d'économie, Rajendra Kumar Pachauri du GIEC et Harlem Gro Bruntland, signataire du célèbre rapport qui porte son nom. À la première rangée était assise Wangari Matai, prix Nobel de la Paix. Bref du très sérieux et ce n'était pas que pour épater la galerie. Des discours solides, des questionnements qui remuent et une précision du propos qui ne laissent pas de doute sur les mérites des personnes concernées.


Nous aborderons durant cette intense journée les dossiers de la déforestation, de la place du carbone séquestré dans nos terres et forêts et tous les aspects de vigilance et de gouvernance qu'implique le fait d'injecter quelque 10 milliards de dollars dans le reboisement et l'aménagement de la terre et la protection des peuples menacés par les abus continuels de leurs territoires.

 

Au-delà des grandes décisions et des ententes de l'ONU, dans le cadre des COP, il reste que c'est sur le terrain que cela se passe. Des pays comme l'Indonésie, le Brésil et la Papouasie-Nouvelle Guinée sont sur le podium des coupes illégales. Dans ces cas précis, on parle de 80 % à 90 % de coupes sauvages. En somme, la corruption devra laisser sa place à une gestion plus communautaire de forêts. Pour ces peuples, il s'agit d'une question de survie, pour eux, pour la forêt et pour nous.

   

Sauvez mon île !

Samedi le 12 décembre

 

Nous arrivons à la fin de la première semaine et ça bouge beaucoup du coté des négociations. Selon les habitués, c'est très encourageant. Sans être dans le secret des dieux, je peux dire qu'on sent que les progrès sont réels sur presque tous les fronts. En ce qui concerne les dossiers foresterie, protection des terres agricoles et déforestation, ça bouge grâce à l'Europe, particulièrement le Royaume-Uni et la France.


Des textes de résolutions circulent, les discussions en comités se multiplient et les quelques réfractaires sont rapidement pris en main par les plus actifs. Ceux qui sont venus pour faire du tourisme ou nuire au processus vont rencontrer de la résistance bien avant que les ONG et la société civile ne s'en mêlent. Touchons du bois !


Je reviens sur les petits pays insulaires, pour la majorité des îlots du Pacifique : îles Cook, Tuvalu, Kiribati... J'ai assisté hier à une remarquable présentation de leur cause. Habits traditionnels, témoignages émotifs et danse comme a dû en voir ce cher Gauguin, on peut comprendre pourquoi il ne voulait plus quitter ces îles !


Ce qu'il faut comprendre dans leur cas, c'est qu'il ne s'agit pas de mesures d'atténuation à prendre, d'ajustements à leur agriculture... il en va tout simplement de leur propre survie. Certains en sont déjà rendus à être relocalisés à la suite de l'érosion accrue de leurs rivages. Dans une allusion aux Américains qui sauvèrent son île en 1945, une Vahiné demandait à ces mêmes Américains de la sauver encore une fois en agissant avec force à Copenhague.


« Ce ne sont pas nos guerres, mais nous en sommes toujours les victimes ! Comportez-vous en leaders, pas en chefs indignes ! », a déclaré Maria, le cœur dans la gorge. « Ma mère terre est en train de mourir, je ne peux pas vivre sans ma mère ! L'heure des comptes a sonné, bien au-delà des chiffres ! », a-t-elle dit en terminant son plaidoyer.

   

Le fossile du jour

Le vendredi 11 décembre

 

Il n’y a pas de doute, il s’agit du prix le moins convoité lors des sommets sur le climat. Retour sur image. À la fin des années 90, le Climate Action Network (CAN pour les intimes) a créé le Fossile du jour. Remis chaque soir à 18 heures dans une cérémonie haute en couleur, avec musique, maître de cérémonie et tout le tintouin, le Fossile du jour souligne une action particulièrement négative posée par un pays dans le cadre des rencontres.

 

Des coupes en argent hyper « kitch » remplies de charbon sont remises tambour battant aux gagnants du jour (qui sont évidemment absents) car il y a une deuxième et une troisième place. Il faut bien remplir le podium ! Une réunion du CAN a lieu chaque jour entre 14 et 15 heures pour faire le point sur l’évolution des pourparlers et, en conclusion, on procède aux nominations, avec débat sur la valeur des nommés, notamment sur la position de CAN par rapport aux nominations. Le débat est serré et le trophée doit être pleinement mérité. Dans certains cas, on préfèrera donner le temps aux fautifs de s’amender.

 

Un vote à main levée est tenu et j’avoue que la science derrière le calcul des mains m’a échappé! Mais bon, on ne chipote pas avec les fossiles ! Des fois, il y aura le prix Rayon de soleil, qui sera remis à un pays ayant fait preuve d’audace, de créativité et qui aidera à faire avancer les négociations ou encore à débloquer une impasse.

 

Hier, la Pologne a mérité le Fossile pour sa position rétrograde face à sa cible de réduction des GES, en particulier dans le cadre de la gestion des terres et des forêts, alors qu’elle s’est écartée de la position de l’Union Européenne. Le Rayon de soleil est allé à la France qui a immédiatement sollicité une réunion des Européens pour ramener la Pologne dans le rang !

 

Le Canada demeure en première position au classement général notamment pour son insistance à ne pas retenir 1990 comme année de référence dans le calcul des émissions.

   

David et Goliath

 

Jeudi 10 décembre 2009

 

Comme on peut facilement l’imaginer, mettre des représentants de 192 pays autour d’une table sur un sujet aussi vaste et aussi complexe que celui de l’état de la planète et, ensuite, leur demander de s’entendre sur un texte dont la seule traduction peut porter à confusion est un défi qui dépasse l’imagination.

 

Dans le cas de réunions comme celle-ci, on doit ajouter plusieurs couches à cette complexité : une science sur laquelle tous doivent s’entendre, des mécanismes d’application et de vérification, des décisions et du financement équitable et durable qui permettront d’obtenir des résultats vérifiables.

 

Certains pays sont déjà à la ligne de front quant aux conséquences de l’évolution débridée du climat, particulièrement des petits états insulaires. Imaginez tous ces atolls du Pacifique et des îlots comme Tuvalu, qui sont menacés de disparaître carrément ou, à tout le moins, de subir de graves conséquences en ce qui a trait à leur intégrité territoriale.

 

Ces petits pays se font voir et entendre dans tous les couloirs et sur toutes les plates-formes qui sont à leur portée. Ils veulent une entente à Copenhague, pas un report des négociations. Ils veulent du financement maintenant et non pas des promesses. Ils accusent les pays riches d’avoir pillé la terre, pollué les océans. Les Tuvalu de cette planète veulent des engagements solides pour les aider à se développer sans pour autant devenir des pollueurs !

 

Grosse commande. Il faudra aussi surveiller les plus riches parmi les pays en émergence et en particulier l’Inde et la Chine qui, pour le moment, ne manifestent pas une grande ouverture. La Chine ne veut pas mettre son progrès en jachère et l’Inde veut continuer de se moderniser. La confrontation entre ces géants parmi les émergents et les populations des peuples menacés risque de prendre de l’ampleur durant les jours qui viennent.

   

La France pose une geste

 

Mercredi 9 décembre 2009

 

On considère comme majeure l’annonce faite par la France hier de hausser sa cible de réduction de GES à 30 % par rapport à la cible de 20 % déjà sur la table. Bien que non confirmée officiellement par le président Sarkozy, on peut imaginer que la délégation n’a pas parlé pour être contredite le lendemain par son chef d’État !

 

Ce qu’il y a de particulièrement intéressant, c’est que cette hausse ne sera pas le résultat de crédits achetés par des interventions dans d’autres pays. Tous ces gains seront le fruit d’actions nationales. Ce qui laisse présager une place importante pour la biomasse…Comme le nucléaire assure déjà 80 % de la production d’électricité, ce ne sera pas une augmentation du nucléaire qui permettra d’atteindre la cible. Il faut donc forcément regarder du côté de la biomasse forestière, ce qui est déjà bien clair dans le plan français, et sans doute vers un ensemble de mesures d’efficacité énergétique.

 

Au centre-ville, une immense publicité orne toute la façade d’un édifice : on y voit quatre voitures Renault complètement électriques qui seront lancées d’ici deux ans. La France prend le virage électrique et on peut y voir deux avantages : avant-garde de la voiture tout électrique et…réduction du bilan carbone ! Tiens, ce n’est pas un peu ce que pourrait faire le Québec ? Pousser sur la voiture tout électrique, reprendre possession intelligemment de notre biomasse forestière…? Je dis ça comme ça…

 

En attendant, les chiffres annoncés sont maintenant de 30 000 participants inscrits et plus de cent chefs d’État ! Difficile d’imaginer qu’ils sont tous venus pour le soleil de Copenhague où il y a eu un rayon à 11 h 39 ce matin pendant… 5 minutes ! Et j’allais oublier, politesse ultime, le transport en commun est gratuit pour les participants à la rencontre !

   

Les deux sommets

 

Mardi 8 décembre 2009

 

Ça y est, c’est parti. LE Sommet est en marche. Il fallait voir les files d’attentes interminables auxquelles nous avons été soumis pour l’enregistrement officiel. Mais je ne suis pas le seul. Justement…

 

Il y a une impressionnante participation d’organismes non gouvernementaux (ONG) qui représentent des millions de gens. À lui seul, le Climate Action Network (CAN) compte plus de 500 organismes membres. Quand on dit ONG, on pense le plus souvent aux groupes environnementaux, or, on trouve parmi ces organismes : églises, syndicats, groupes d’agriculteurs, groupes de femmes et, bien évidemment, les géants comme le Wordl Wildlife Fund (WWF), Greenpeace, Friends of the Earth… et Équiterre ! Ils sont la société civile. Ils agissent pour vous!

 

Tout ce beau monde - dont plusieurs ont payé de leurs propres poches pour participer à cet événement -, n’a pas accès aux négociations à proprement parler. Les resprésentants des ONG ne font pas partie des parties, comme dans COP ou Conference of the Parties, comme le nom l’indique. Ils ne sont pas des pays, pas plus que le Québec, par exemple, et restent à l’entrée des négos !

 

Vous comprendrez mieux pourquoi on les voit dans la rue en train de manifester, la rue c’est en quelque sorte leur assemblée générale ! Cela dit, il ne faut en rien sous-estimer leur poids politique. Leur travail incessant auprès des États a rapporté son lot de dividendes depuis Rio de Janeiro en 1990 et le langage de plusieurs pays se confond maintenant avec celui de la société civile.

 

Compte tenu de ce que les rumeurs nous apprennent déjà sur la marge de manœuvre qu’il y aurait par rapport aux positions affichées par des joueurs importants comme la Chine, les États-Unis et l’Union Européenne, attendez-vous à voir pas mal de monde dans les rues !

   

Hopenhagen sur terre !

 

Lundi 7 décembre 2009

 

Ainsi a été baptisée la ville de Copenhague pour la durée de la Conférence sur les changements climatiques des Nations Unies. Ce nom pourrait bien passer à l’Histoire, mais il reste à savoir à quel titre. Échec fracassant ou jour un du virage planétaire obligatoire que nous impose le bilan de plus en plus accablant dégagé par les scientifiques du GIEC ?

 

Dans le journal Le Monde du 5 décembre, le gouvernement français a pris une pleine page de publicité : «Pour que rien ne soit plus comme avant !». En sous-texte, on peut y lire un rappel de la position de l’Europe des 27 pour Copenhague et de la France par le biais de son Grenelle de l’environnement : « Pour répondre à l’urgence climatique. Pour développer la croissance verte c’est la position qu’elle défendra aux côtés de l’Union européenne lors de la Conférence de Copenhague ! ».

 

Cela a le mérite d’être clair. Cette position, rappelons-le, ressemble à celle qu’a adoptée le gouvernement du Québec récemment. En ce premier jour de réunion pour les ONG, une journée avant le début officiel de la Conférence, plus de 500 groupes sociaux et environnementaux de la planète se rencontrent afin de faire le point sur les stratégies fines à adopter durant les jours qui viennent. L’ambiance est électrique et il y a un sentiment collectif qu’au-delà de l’évidente urgence, il faudra cette fois plus que des belles courbettes et des déclarations d’intention le matin du 19 décembre.

 

Comme le dit le leader d’Europe-Écologie, Daniel Cohn-Bendit, « Osons le Green deal ! ». C’est le rendez-vous auquel sont conviés les représentants des 6,8 milliards d’humains qui se sont rendus à Hopenhagen. Décidément, l’échec n’est pas une option !

   

Dès le 7 décembre

Vendredi 4 décembre 2009

La lutte contre les changements climatiques représente le plus grand défi du 21e siècle. Dans quelques jours, la communauté internationale se rassemblera à Copenhague pour la Conférence sur les changements climatiques des Nations Unies, dans l’espoir de donner une suite au Protocole de Kyoto. La réduction des gaz à effet de serre y sera l’enjeu central. À l’instar de la Communauté européenne, la communauté internationale devraient reconnaître le rôle et la place que jouent l’aménagement des forêts et l’utilisation des produits du bois dans l’atténuation des changements climatiques. L’entente de Copenhague devrait considérer le principe de la comptabilité du bilan de l’aménagement forestier et de l’utilisation des produits du bois et reconnaître la contribution de la filière forêt-bois à la lutte aux changements climatiques.

Tout au long de la Conférence de Copenhague, François Tanguay, de la Coalition BOIS Québec, tiendra un journal quotidien sur le développements des discussions et des résultats de cet important événement pour l’avenir de notre planète. Soyez au rendez-vous à compter du 7 décembre !

 

   

François Tanguay

Porte-parole, Coalition BOIS Québec

Carnet de bord

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Alain Lemaire sur le bois

M. Alain Lemaire
Président et chef de la direction, Cascades inc.

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